Géniale ton omelette
Olivier Maltenti nous invite, le temps d’une performance intime et intimiste dans le hall du théâtre, à partager sa passion de toujours pour Arthur Rimbaud, l’homme, la vie, l’œuvre et ses échappées. Il parle, chante, danse, raconte et nous embarque avec lui, avec eux… Il aligne et déplace 37 paires de tongs comme des vers libres, tourmentés et joyeux, qui peu à peu deviennent des traces d’errance en échos aux fugues du poète et à son irrépressible désir d’« ailleurs ». Un peu comme s’ils marchaient ensemble en poésie et autour du monde, Arthur et Olivier pour ainsi dire, des débuts à Charleville à la fin marseillaise. Chaque paire de chaussures semble porter un fragment de poème, une braise de jeunesse insoumise. Plein de fois dans sa carrière Olivier est passé par Arthur, il a toujours dans son sac un exemplaire fatigué, annoté, aux pages écornées d’Une saison en enfer. Il y revient pour notre plus grand plaisir.
Nous accueillons ensuite le projet itinérant d’Alain Béhar, complice du théâtre depuis ses débuts, qui s’écrit et se construit de lieu en lieu, au fil du temps et des actualités. C’est à la fois un texte sans fin et une ronde infinie de très courts dialogues à jouer, le plus souvent entre des couples, dans leur quotidien à la fois banal et singulier. Des instants pris dans les instants, avec de petits problèmes qui côtoient les plus gros, doucement décalés. On y entend les bruits du monde, très loin ou juste à côté, une forme d’impuissance et de résignation aussi, dans l’ordinaire de conversations comme à la maison. À la fois ça va et ça ne va pas, c’est trop triste et drôle, tendre et ironique. Une sorte de vaudeville déstructuré, quelqu’un a dit un jour de "western contemporain", sans doute à cause de la musique, blues.