Ce qu’on ne peut pas dire, on le joue
En 2017, Vanessa Larré anime un atelier de théâtre dans une maison d’arrêt pour femmes. Elle y rencontre Jeanne L., condamnée pour la mort de son enfant « sans intention de la donner et négligences ». Au fil des mois, une amitié se tisse : au parloir, dans les silences, puis au-delà des murs après la libération. C’est à partir de ce dialogue entre elles que SUBLIME(S) s’écrit, en résonnance avec l’histoire propre de l’autrice. Sur le plateau nous sommes conviés à une enquête ou contre-enquête intime, sur un fil tendu, qui remonte le cours des événements qui ont mené à la condamnation de Jeanne, jusqu’aux racines d’un mal enfoui au cœur des familles. Le spectacle est bouleversant de bout en bout, les actrices exceptionnelles. L’une incarne Jeanne, l’autre tous les autres. Vanessa Larré, après King Kong Théorie, après La Passe, entre témoignage et fiction, poursuit une même exigence : donner voix à des destins que l’on préférerait taire, avec une délicatesse qui ne recule jamais devant ce qui brûle.