Ce que le vivant dit quand on se tait
Éloïse Mercier a le goût des choses minuscules qui font basculer une existence. Avec la Compagnie Microscopique, elle tisse depuis des années des histoires poétiques et sensorielles, au croisement du son, de l’image et du récit. On se souvient ici de la force du plateau et de son jeu impressionnant dans la précédente pièce : Les meutes. Pour ce nouveau projet, elle s’est associée à Antoine Bertin, artiste-chercheur qui plonge en Méditerranée pour en rapporter des sons inouïs, ceux du vivant que nous n’entendons plus, ou que nous ne voulons plus entendre. Ensemble, ils inventent une forme scénique où se brassent (presque s’embrassent) le texte, les sons, la vidéo. Une histoire sensible, à la fois scientifique et fictionnelle, une oreille tendue vers l’imperceptible : les choses ténues et furtives, mais aussi ce qui crie en silence, ce que l’on n’arrive pas à exprimer. Ce qui nous relie et que les mots ne savent pas encore dire. Un spectacle qui commence par (nous) écouter.