À voix basse
Pendant quatre ans, le journaliste Mathieu Palain a assisté à des réunions, des groupes de parole d’hommes condamnés pour violences conjugales, rencontré des femmes, écouté les victimes et les coupables, suivi des auditions judiciaires. De cette immersion est né un essai troublant, et de cet essai, Philippe Chamaux a fait un spectacle. Sur le plateau, sept interprètes impressionnants de sensibilité délicate et de justesse, donnent corps et voix à ce qui se dit et se tait, dans les mots de ceux qui frappent, dans les silences de ceux qui savent, dans les récits de celles qui ont subi. Et ça n’est pas seulement de monstres dont il est question. C’est là peut-être ce qui est le plus difficile à entendre : ce sont nos pères, nos frères, nos amis. Le théâtre, ici, ne juge pas. Il écoute, comme Mathieu Palain a écouté, avec une attention rigoureuse, pour tenter de comprendre d’où vient cette violence et comment elle se transmet. Un spectacle nécessaire, courageux, qui nous interroge, collectivement.