Un cabaret juste après
Un théâtre calciné, des cendres encore chaudes et le cœur qui saigne. C’est par là que Céline Champinot installe le deuxième volet de son cycle L’Amour et l’Occident. C’est là, sur ces ruines, qu’un policier, une journaliste, un docteur plus ou moins magicien et une chanteuse vedette, quatre figures de notre imaginaire collectif - se lancent dans leurs numéros grinçants et extravagants. Sketchs, chansons d’amour malade, de magie, striptease : tout ce que l’Occident a fait du désir et du spectacle, rejoué surjoué jusqu’à l’os, jusqu’au grotesque, jusqu’à l’épuisement. Céline Champinot n’est ni cynique ni moralisatrice. Elle croit aux forces du théâtre, à sa capacité de métamorphoser une scène en exorcisme, de faire de nos passions défuntes un carnaval vivace. Jubilatoire et acide, tendre et dévastateur. Et dans les ruines, une brèche s’ouvre, là où le vertige amoureux fissure enfin le cadre. On en sort électrisés.