Trente-sept minutes avant Tchernobyl
L’eczéma rampe, les SUV sont à abattre, les ordures nucléaires s’enfouissent sous les sols lorrains. Lætitia, née une trentaine de minutes avant l’explosion de Tchernobyl, ancienne étudiante en école de commerce reconvertie en activiste radicale, veut saborder les instances écocides avec sa bande : Taupe, Fauteur, Thelma, Dédé. Hélène Laurain a écrit cela en vers libres, sans ponctuation, comme une ligne à haute tension. L’écrivain metteur en scène et scénographe Hubert Colas qu’on connaît bien et qu’on aime, qu’on retrouve après L’été des charognes, adapte le roman original en un solo haletant. Il construit comme un écrin un espace puissant, tendu de vidéos et de sons. Stéphanie Aflalo, seule sur scène, porte cette langue abrasive et cette colère lucide avec une intensité qui ne cède rien. Un feu qui consume et qui éclaire à la fois.