On casse encore ?
Au début, il y a une assiette en morceaux. On ne sait pas comment elle s’est cassée, on ne le saura jamais. Et puis une autre se casse, une autre encore... Bertrand et Nasi, Bert & Nasi comme on les appelle, décident de passer outre et de continuer, mais la dynamique est là, il semblerait, ça ne s’arrêtera plus, et le duo non plus. Bert, Français, éloquent, charmant, et toujours un peu dans son tort. Nasi, Grec, plus enragé, toujours plus ou moins victime de ce que l’autre lui fait, refont l’histoire. Entre bris de porcelaine et fous rires, ils nous parlent l’air de rien, sans en parler, de la destruction de la ville syrienne de Palmyre, de la guerre, de bombes, de ruines, d’impuissance… On casse ou ça se casse, ça devient comme un jeu, on confie un marteau à un spectateur… alors on casse ? Plein de tessons finissent par couvrir le plateau… Ils sont deux clowns qui cognent, mi-drôles mi-tristes, politiques en un sens, à la colère joyeuse, qui font un spectacle qui ne ressemble qu’à eux.