Quelqu’un qu’on connaît
L’auteur, metteur-en-scène, homme de théâtre considérable Jean-Luc Lagarce a tenu un journal pendant dix-huit ans. De ses vingt ans jusqu’à trois jours avant sa mort, du sida. Il y parle de tout, du théâtre qu’il fabrique avec sa petite compagnie à Besançon, d’amour et de manque d’amour, des amis, de Paris, des années qui accélèrent, de cette maladie infernale qui s’installe et de courage devant la mort qui approche. Il y parle avec un humour féroce, une tendresse sèche, une lucidité qui parfois coupe le souffle. Vincent Dedienne s’est plongé dans ces quelques mille pages et nous offre une heure de théâtre au singulier. Ce n’est pas une biographie. Ce n’est pas un hommage. C’est quelque chose de plus intime, vraiment. Avec cette façon de tenir l’émotion à distance sans jamais la laisser tomber, d’être drôle et grave en même temps. L’histoire d’un solitaire, fou de théâtre, pudique et exhibitionniste à la fois. On ressort de ce spectacle avec l’impression étrange d’avoir rencontré quelqu’un, de vif, imparfait, et terriblement présent.