C’est la même histoire
Il y a Emma, la cousine blanche, baskets fluo et capuche vissée sur la tête. Il y a Folly, né au Bénin, fils d’un prêtre vaudou, dont les pas lourds font vibrer le plateau. Il y a Dalila, française et algérienne, qui déroule des drapeaux et raconte la guerre, les accords d’Évian, sa petite cousine dont le père a arraché le visage de la Barbie. Il y a Mulunesh, adoptée enfant d’Éthiopie, qui convoque la rage et la résilience du Krump pour danser ce qui a été perdu. Née d’un père camerounais et d’une mère française, Betty Tchomanga compose des spectacles à la frontière de l’histoire coloniale et des corps qui en portent l’empreinte. Voici quatre portraits, quatre solos qui se suivent et s’assemblent, avec une émotion qui ne nous lâche jamais, d’une précision et d’une générosité rares. Et puis une petite cérémonie du thé, pour nous faire partager d’autres sensations. Un spectacle enthousiasmant et nécessaire, salué par la critique et les nombreux lieux où il s’est donné.
Betty Tchomanga a sollicité Charlotte Imbault pour réaliser des podcasts What You See à partir des retours de collégien·nes à la suite des premières représentations. Vous pouvez les retrouver ici