Le noir et la lumière
Il y avait à Milan une salle de cinéma X aujourd’hui disparue, le Cinema Cielo. Danio Manfredini en a fait un monde. Sur le plateau, nous sommes du côté de l’écran, face aux fauteuils et à ceux qui les occupent ; une humanité de nuit, de marge et de solitude, pour qui le sexe est besoin, fuite, marchandise, et parfois fantôme d’amour. On les observe. On les espionne, presque. Depuis l’extérieur arrivent des voix : c’est Jean Genet, Notre-Dame-des-fleurs, Louis qu’on appelle Divine, ses amants, un assassin séduisant… Ici, la parole est rare, fragmentée, dense d’une poésie qui fascine. Les corps semblent dire ce que les mots taisent. Les acteurs sont incandescents. Un ange aux ailes rouges ouvre le spectacle. Un Christ sur des échasses passe en silence. Manfredini - une des voix les plus sensibles du théâtre contemporain italien - compose, comme le peintre qu’il est aussi, une œuvre visionnaire et tendre, pleine d’un humanisme débordant.
A partir de 16 ans
En italien surtitré en français
Avec la biennale d’Aix